La ville industrielle à l’écran

8 novembre 2018

Date : 8/11/2018

Nom et Prénom du conférencier : Thierry Paquot

Profession du conférencier : Philosophe, Professeur émérite à l’Institut d’urbanisme de Paris, UPEC

Thierry Paquot est né en 1952 à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis).

Il est philosophe, professeur des universités (Institut d’urbanisme de Paris, Paris XII-Val-de-Marne) est également l’éditeur de la revue Urbanisme, le producteur de ” Côté ville “, sur France-Culture dans Métropolitains de François Chaslin et le responsable scientifique du programme La forme d’une ville au Forum des Images (Paris).

Il donne régulièrement des cours à l’Ecole d’architecture de La Cambre (Bruxelles) et au département d’urbanisme de l’université d’architecture de Venise, ainsi que de nombreuses conférences en France et à l’étranger.

Il appartient à l’Académie Nationale des Arts de la Rue (ANAR), à la Commission de néologie et de terminologie du Ministère de l’équipement auprès de l’Académie Française, à la Commission audiovisuelle de la Dapa (Ministère de la Culture), à la Commission du Vieux Paris, et est membre des comités de rédaction des revues Esprit, Hermès, Prospero, La Revue du MAUSS, Diversité-Ville Ecole Intégration et collabore régulièrement au Monde Diplomatique, à Informations Sociales, Projet et Etudes.

Titre de la conférences (éventuellement titre en langue étrangère si la conférence n’est pas en français) Témoin à charge : quand le cinéma révèle la ville industrielle, ses aventures et mésaventures

Mots clés : cinéma, ville, industrie, cité ouvrière, cité jardin, territoire

Résumé du colloque :

Au tournant du XXe siècle, dans l’ébullition du monde industriel, naît le cinéma, un art de masse et bourgeois par excellence. Si la ville au cinéma a déjà fait l’objet de nombreuses études dans divers champs disciplinaires concernés, le sous-thème de la ville industrielle à l’écran semble moins défriché. Et pourtant, depuis les origines, le cinéma a filmé la ville en tant que lieu de la machine, de la technologie et du travail comme avec La Sortie des usines Lumière, Louis Lumière, 1895 ; Metropolis, Fritz Lang, 1927 ; Les Temps modernes/Modern Times, Charlie Chaplin, 1936 pour ne citer que ces quelques balises. Il n’est donc guère étonnant que la ville industrielle soit largement représentée à l’écran.

En effet, quels que soient la période considérée, la culture et le genre envisagé (documentaire et fiction : cinéma social, western, science-fiction, uchronies steampunk, etc.), le cinéma porte toujours sur ces territoires un regard qui mêle dimensions esthétique, spatiale, sociale et politique.

Résumé de la conférence :

Ouverture du colloque et conférence introductive

Témoin à charge : quand le cinéma révèle la ville industrielle, ses aventures et mésaventures

A travers cette conférence inaugurale, il est question de réfléchir sur les notions de ville industrielle, de la manière dont l’usine, le travail et les travailleurs sont présentés dans le cinéma, principalement français.

La notion de ville industrielle apparaît d’abord dans la littérature de la fin du XIXe siècle précédée par la mention des cités ouvrières et des cités industrielles.

La cité ouvrière, d’abord à  la campagne du fait de la présence de main d’œuvre, de matières premières, d’énergies,  devient  industrielle, en ville,  par les transformations apportées par les innovations techniques et l’apparition du chemin de fer.

Parallèlement, le cinéma se développe tout en s’inventant et en captant tout des attitudes et des mœurs des sociétés urbaines et industrielles. Se diffusant rapidement au monde entier et par la fascination qu’il exerce et par le proposition d’un langage partagé à travers le muet, un espace-temps spécifique et des gestes expressifs, le cinéma devient une phénomène universel. Ouvrant ainsi la voie à des représentations sans cesse mises en scène des caractéristiques de la ville en prise avec son évolution dans lesquelles mines, usines et voies ferrées en deviendront les symboles.

La ville change alors en accueillant des ouvriers, en vivant au rythme de la vie des usines générant une modification des temporalités du territoire. Les villes se dessinent, se transforment aussi en lieux de productions industrielles et de création cinématographique:  le parlant succède au muet, la couleur se substitue au noir et blanc, le cinéma quitte les studios pour explorer la ville et ses multiples lieux.

Si la ville est dépeinte, détaillée, décrite de manière concrète et sensible par les auteurs et les poètes, l’apport du cinéma comme support du témoignage de « son temps » va permettre de capter des modes, des attitudes, des formes et un réel mis en récit – mis en scène.

Industrialisation et urbanisation paraissent aujourd’hui inséparables. Mécaniques et mécanismes de la transformation d’une société, elles répondent et expriment toutes deux de la notion de progrès. Opposant la ville au monde rural, le progrès invite à des transformations qui incitent des populations à quitter un milieu – à être déracinées et dé-synchronisées – à transformer des paysans vivant au rythme des saisons et des “traditions” en ouvriers rythmés eux, par le temps des horloges, le temps froid et mécanique du productivisme. Industrialisation, urbanisation et cinéma vont ainsi créer deux figures majeures de l’être social qui perdurent encore aujourd’hui, à l’échelle du globe : le migrant et l’ouvrier.

Le cinéma saisit transformation, vitesse de l’innovation et destin des populations en rupture avec un milieu. A travers les films retraçant les activités ouvrières, les villes « carbonifères », le cinéma montre l’expression et la vie nouvelle du territoire . En en devenant l’expression du progrès, un mécanisme de celui-ci, une industrie à part entière, le cinéma mêle son destin à celui du monde industriel et des villes hallucinées et tentaculaires.

Durée de l’introduction : 3min50s

Durée de la conférence : 1h54min46s

Durée des questions : 30 minutes

Langue : Français

L’URL : https://media.st-etienne.archi.fr/la-ville-industrielle-a-lecran/

Format du fichier : MP4, H264

Date 8/11/2018

Nom et Prénom du conférencier : Anne-Céline Callens

Profession du conférencier : Maître de conférences, Université Jean Monnet de Saint-Étienne / IUT de Roanne/Centre Interdisciplinaire d’Etudes et de Recherches sur l’Expression Contemporaine (CIEREC – EA3068)

Titre de la conférence (éventuellement titre en langue étrangère si la conférence n’est pas en français) : La ville industrielle dans l’oeil des créateurs de l’avant-garde : liens entre photographie et cinéma dans l’Europe de l’entre-deux-guerres

Mots clés : cinéma, ville, industrie, avant-garde, progrès

Résumé du colloque :

Au tournant du XXe siècle, dans l’ébullition du monde industriel, naît le cinéma, un art de masse et bourgeois par excellence. Si la ville au cinéma a déjà fait l’objet de nombreuses études dans divers champs disciplinaires concernés, le sous-thème de la ville industrielle à l’écran semble moins défriché. Et pourtant, depuis les origines, le cinéma a filmé la ville en tant que lieu de la machine, de la technologie et du travail comme avec La Sortie des usines Lumière, Louis Lumière, 1895 ; Metropolis, Fritz Lang, 1927 ; Les Temps modernes/Modern Times, Charlie Chaplin, 1936 pour ne citer que ces quelques balises. Il n’est donc guère étonnant que la ville industrielle soit largement représentée à l’écran.

En effet, quels que soient la période considérée, la culture et le genre envisagé (documentaire et fiction : cinéma social, western, science-fiction, uchronies steampunk, etc.), le cinéma porte toujours sur ces territoires un regard qui mêle dimensions esthétique, spatiale, sociale et politique.

Résumé de la conférence :

Évocations de la ville industrielle (1)  Présidence de Thierry Paquot

En Europe, durant l’entre-deux guerres, alors que l’industrialisation progresse fortement, cinéastes et photographes de l’avant-garde manifestent une même vision positive des avancées scientifiques et techniques, celles-ci constituant pour eux un moyen de porter le monde vers des jours meilleurs. Au-delà d’un attrait commun pour les motifs industriels, leurs images témoignent d’une certaine proximité formelle. L’engagement en faveur de l’industrie se traduit par une recherche d’esthétisme.

Dans Berlin, symphonie d’une grande ville (1927), Walther Ruttmann rend compte du rythme intense de la ville en pleine expansion en juxtaposant des plans à une cadence soutenue. L’année

d’après, Joris Ivens réalise un courtmétrage sur le pont du Port Royal de Rotterdam. Le montage est dynamique : l’édifice est appréhendé par des angles basculés et des plans resserrés qui se succèdent rapidement. Cette apologie du mouvement se retrouve chez les photographes de la Nouvelle Vision qui rejettent le statisme au profit de la vitalité à travers l’utilisation de la contre-plongée et des vues obliques qui créent des perspectives inédites et des lignes divergentes se répétant et se croisant sans cesse. Une même fascination se manifeste pour les architectures métalliques, les machines et les objets issus de la fabrication mécanique sérielle.

Au-delà d’une inspiration commune pour les formes industrielle, qui semblent propices à un traitement novateur, certains créateurs répondent aux commandes des industriels en parallèle de leurs recherches personnelles. Il en va ainsi de Joris Ivens qui réalise en 1931 son court-métrage Philips Radio (Symphonie industrielle) pour la société Philips et de photographes comme André

Kertész, Germaine Krull, Man Ray, Henry Lachéroy et François Kollar, qui travaillent de manière suivie pour l’industrie.

L’aspect inédit de toutes ces images tient à la fois au motif industriel et à l’outil. Les capacités techniques de la caméra permettent aux créateurs d’innover : arrêts sur image, surimpressions, accélérations et ralentis sont déployées dans L’Homme à la caméra (1929) de Dziga Vertov tandis que photomontages et surimpressions sont couramment expérimentés dans en studio. Les créateurs de l’avant-garde partagent une vision positive de l’outil technique : l’appareil photographique est considéré par les opérateurs de la Nouvelle Vision comme le prolongement du corps, troisième œil capable de figer l’instant et de dévoiler des pans d’une réalité inaccessibles à l’oeil nu ; dans la théorie du « ciné-oeuil », la caméra est également considérée comme un oeil machinique se combinant au regard de l’opérateur. Photographie et cinéma se rejoignent ainsi dans cette conception mécaniste d’un rapport étroit entre l’homme et la machine.

Durée de l’introduction : 2min20s

Durée de la conférence : 32min20s

Durée des questions : 15min (de 1h00min15s à 1h15min06s)

Langue : Français

L’URL : https://media.st-etienne.archi.fr/la-ville-industrielle-a-lecran/

Format du fichier : MP4, H264

Nom et Prénom du conférencier : Guillaume Gomot

Profession du conférencier : Université de Haute-Alsace, professeur agrégé de lettres modernes, chargé de cours à l’Université de Haute-Alsace à Mulhouse, membre associé du CRIR de l’Université Sorbonne Nouvelle – Paris III (Centre de Recherche sur les Images et leurs Relations).

Titre de la conférence (éventuellement titre en langue étrangère si la conférence n’est pas en français) : Hauts-fourneaux infernaux : The Deer Hunter de Michael Cimino

Mots clés : cinéma, ville, industrie, the deer hunter, Michael Cimino

Résumé du colloque :

Au tournant du XXe siècle, dans l’ébullition du monde industriel, naît le cinéma, un art de masse et bourgeois par excellence. Si la ville au cinéma a déjà fait l’objet de nombreuses études dans divers champs disciplinaires concernés, le sous-thème de la ville industrielle à l’écran semble moins défriché. Et pourtant, depuis les origines, le cinéma a filmé la ville en tant que lieu de la machine, de la technologie et du travail comme avec La Sortie des usines Lumière, Louis Lumière, 1895 ; Metropolis, Fritz Lang, 1927 ; Les Temps modernes/Modern Times, Charlie Chaplin, 1936 pour ne citer que ces quelques balises. Il n’est donc guère étonnant que la ville industrielle soit largement représentée à l’écran.

En effet, quels que soient la période considérée, la culture et le genre envisagé (documentaire et fiction : cinéma social, western, science-fiction, uchronies steampunk, etc.), le cinéma porte toujours sur ces territoires un regard qui mêle dimensions esthétique, spatiale, sociale et politique.

Résumé de la conférence :

Évocations de la ville industrielle (1)  Présidence de Thierry Paquot

Parmi les nombreux films américains prenant pour cadre une ville industrielle, The Deer Hunter (Voyage au bout de l’enfer, 1978) de Michael Cimino se distingue par la puissance symbolique de sa mise en scène. En effet, on se propose de montrer dans cette contribution comment les inventions filmiques de Cimino lui permettent de transformer la toile de fond des usines, simple décor industriel en apparence, en un élément cardinal de son film.

            Dans son intrigue, The Deer Hunter entremêle des séquences se déroulant dans la petite ville de Clairton en Pennsylvanie (dont l’économie est entièrement fondée sur la sidérurgie) et d’autres au Viêt Nam, pendant lesquelles les jeunes ouvriers de Clairton devenus soldats sont mis à l’épreuve d’une violence insoutenable, qui les poursuit, et les détruit parfois, à leur retour aux États-Unis.

            Le film tout entier peut ainsi être compris et interprété à travers l’analyse des modes de figuration de la ville industrielle dans laquelle il se déroule, qui lui confère une chair sociale, politique mais aussi métaphysique, voire mythologique, comme on le verra (les premiers plans semblent nous plonger d’emblée au cœur des forges d’Héphaïstos).

            La force visuelle de Cimino et son brio dans l’art des métamorphoses filmiques (la ville qu’il recompose n’est pas le « vrai » Clairton) concourent à créer, dans une œuvre traversée par la mort et le sacré, une poétique des usines très originale, sollicitant toutes les ressources de la mise en scène cinématographique (scénographie et mobilité du cadre, variations scalaires, montage notamment). Sur un plan politique et social, le décor industriel détermine la vie matérielle de la communauté ouvrière d’origine russe que met en scène le film, à travers l’habitat et l’implosion des structures familiales qu’il entraîne. En contrepoint de la guerre mortifère, la ville industrielle au cinéma trouve ainsi dans The Deer Hunter une forme exceptionnelle et profondément évocatoire.

Durée de l’introduction : 1min (de 32min21s à 33min20s)

Durée de la conférence : 29 min

Durée des questions : 15min (de 1h00min15s à 1h15min06s)

Langue : Français

L’URL : https://media.st-etienne.archi.fr/la-ville-industrielle-a-lecran/

Format du fichier : MP4, H264

Date 8/11/2018

Nom et Prénom du conférencier : Nicolas Appelt

Profession du conférencier : Université de Genève, Assistant-doctorant (Unité d’arabe et Global Studies Institute, Université de Genève) après l’obtention d’un master en sciences politiques à l’Université de Lausanne (Suisse) et un master recherche en relations internationales (Sciences Po, Paris). Doctorant associé à l’IFPO de Damas en 2011-2012. 

Titre de la conférence (éventuellement titre en langue étrangère si la conférence n’est pas en français) : The Taste of Cement ou Beyrouth comme reflet du conflit syrien

Mots clés : cinéma, ville, industrie, Beyrouth, the taste of cement

Résumé du colloque :

Au tournant du XXe siècle, dans l’ébullition du monde industriel, naît le cinéma, un art de masse et bourgeois par excellence. Si la ville au cinéma a déjà fait l’objet de nombreuses études dans divers champs disciplinaires concernés, le sous-thème de la ville industrielle à l’écran semble moins défriché. Et pourtant, depuis les origines, le cinéma a filmé la ville en tant que lieu de la machine, de la technologie et du travail comme avec La Sortie des usines Lumière, Louis Lumière, 1895 ; Metropolis, Fritz Lang, 1927 ; Les Temps modernes/Modern Times, Charlie Chaplin, 1936 pour ne citer que ces quelques balises. Il n’est donc guère étonnant que la ville industrielle soit largement représentée à l’écran.

En effet, quels que soient la période considérée, la culture et le genre envisagé (documentaire et fiction : cinéma social, western, science-fiction, uchronies steampunk, etc.), le cinéma porte toujours sur ces territoires un regard qui mêle dimensions esthétique, spatiale, sociale et politique.

Résumé de la conférence :

Évocations de la ville industrielle (2)  Présidence de Anne-Lise Marin-Lamellet (UJM Saint-Etienne)

La ville de Beyrouth constitue le personnage principal du documentaire The Taste of Cement (2017) du jeune réalisateur syrien Ziad Kalthoum. Elle incarne par ses gratte-ciels en construction une certaine forme d’opulence à laquelle sont confrontés les ouvriers syriens du bâtiment qui les érigent. Sur le chantier, se déploie leur savoir-faire appartenant à la société industrielle pour rebâtir cette ville, tandis que, de l’autre côté de la frontière, les habitations de leurs compatriotes sont réduites en ruines par des armes, des engins de guerre, eux-aussi, issus de cette société industrielle. Considérée  généralement comme une cité marchande, Beyrouth apparaît dans ce film à travers divers éléments qui en font ressortir la dimension industrielle, en vue de mettre en perspective le cycle construction-destruction auquel appartient la capitale libanaise. Cette présentation se propose d’analyser la façon dont le documentaire The Taste of Cement, basé un dispositif en miroir, permet de saisir la façon dont le conflit est saisi à travers sa dimension urbaine dans une perspective spatio-temporelle. Dans cette perspective, il apparaît que la composante industrielle est essentielle, dans la mesure où elle impose ses contraintes aussi bien aux ouvriers à Beyrouth qu’aux civils en Syrie, Alep ou la banlieue de Damas. Au-delà de la frontière, la ville de Beyrouth où les marteaux-piqueurs, les grues, dans la verticalité des immeubles en chantier, participent à sa construction, constitue l’une des deux faces du conflit qui déchire la Syrie, champ de ruines à la merci des destructions à l’échelle industrielle.    

Durée de l’introduction : 30 secondes

Durée de la conférence : 30min50s

Durée des questions : 15min (de 1h:03min:20s à 1:18min54)

Langue : Français

L’URL : https://media.st-etienne.archi.fr/la-ville-industrielle-a-lecran/

Format du fichier : MP4, H264

Date 8/11/2018

Nom et Prénom du conférencier : Ingrid Junillon

Profession du conférencier : Musée Fabre (Montpellier Méditerranée Métropole), Docteur en histoire de l’art, spécialiste d’art et de culture scandinave (a publié en 2009 Edvard Munch face à Henrik Ibsen : impressions d’un lecteur, ed. Peeters, Louvain. A publié une vingtaine d’articles et de traductions scientifiques sur l’art scandinave).  Depuis 2009 responsable des expositions au musée Fabre de Montpellier.

Titre de la conférence (éventuellement titre en langue étrangère si la conférence n’est pas en français) : La ville minière de Kiruna dans le film de Sofia Norlin, Ömheten (Broken Hill Blues), 2013

Mots clés : cinéma, ville, industrie, Sofia Norlin, Broken hill blues, mine

Résumé du colloque :

Au tournant du XXe siècle, dans l’ébullition du monde industriel, naît le cinéma, un art de masse et bourgeois par excellence. Si la ville au cinéma a déjà fait l’objet de nombreuses études dans divers champs disciplinaires concernés, le sous-thème de la ville industrielle à l’écran semble moins défriché. Et pourtant, depuis les origines, le cinéma a filmé la ville en tant que lieu de la machine, de la technologie et du travail comme avec La Sortie des usines Lumière, Louis Lumière, 1895 ; Metropolis, Fritz Lang, 1927 ; Les Temps modernes/Modern Times, Charlie Chaplin, 1936 pour ne citer que ces quelques balises. Il n’est donc guère étonnant que la ville industrielle soit largement représentée à l’écran.

En effet, quels que soient la période considérée, la culture et le genre envisagé (documentaire et fiction : cinéma social, western, science-fiction, uchronies steampunk, etc.), le cinéma porte toujours sur ces territoires un regard qui mêle dimensions esthétique, spatiale, sociale et politique.

Résumé de la conférence :

Évocations de la ville industrielle (2)  Présidence de Anne-Lise Marin-Lamellet (UJM Saint-Etienne)

Située à 145 km au-delà du cercle Arctique, la petite ville suédoise de Kiruna abrite la plus grande mine souterraine au monde. Indissociablement liée à cette industrie, la ville connait depuis les années 2000 un dilemme existentiel. L’extraction intensive constitue à la fois une manne financière et un danger majeur, créant des zones de déformation qui menacent la ville d’affaissement. Un chantier prométhéen est en cours, qui doit aboutir au « projet de transformation urbain le plus démocratique au monde » pour faire de la ville un modèle de développement durable et social.

Sorti en 2013, le film de Sofia Norlin, Ömheten (litt. « Tendresse », mais sorti à l’international sous le titre de « Broken Hill Blues »), donne une vision sombre de cette situation.  Il relate les interrogations d’une poignée d’adolescents, dont deux en particulier désespèrent d’échapper à un destin tracé dans cette ville carcérale et culturellement pauvre malgré l’opulence financière récente. Quelle vie peut-on espérer à 18 ans à Kiruna, entre désert blanc et tunnel souterrain ?  Le film de Sofia Norlin, d’un esthétisme pour autant affranchi de tout romantisme, axe sa représentation sur des dualités : dualité coloriste entre noir et blanc (clarté excessive de la ville enneigée, des jours sans fin l’été / obscurité inhumaine de la mine, de la ville l’hiver … ), dualité spatiale entre confinement et infinitude (confinement de la mine, sentiment d’étouffement dans une petite ville pourtant située dans un environnement naturel à perte de vue), dualité temporelle entre un passé lourd de fautes et de souffrances et un futur en danger imminent. A contrario des messages politiques volontaristes, le film de Sofia Norlin, sombre et délicat, est un hymne « à la colline brisée » de Kiruna, qui porte encore les stigmates de son passé et éprouve la peur de perdre son identité.

Durée de l’introduction : 30 secondes (30min52s à 31min20s)

Durée de la conférence : 31 minutes (de 31min20s à 1h03min03s)

Durée des question : 15min (de 1h:03min:20s à 1:18min54)

Langue : Français

L’URL : https://media.st-etienne.archi.fr/la-ville-industrielle-a-lecran/

Format du fichier : MP4, H264

Date : 8/11/2018

Nom et Prénom du conférencier : Philipp Drummond

Profession du conférencier : New York University in London

Phillip Drummond studied at Saint John’s College, University of Oxford as an undergraduate and postgraduate student. He held an Open Scholarship in Modern Studies (English and French), won prizes for English at College and University levels, and founded the university’s largest arts society, the 2,000-member New Cinema Club of Oxford. He went on to become one of the pioneers of UK Film and Media Studies in the 1970s whilst teaching at Leicester Polytechnic (now De Montfort University) and chairing major initiatives at regional, national and international levels. He joined the Institute of Education, University of London, in 1979 to found the University of London’s first MA degree in Film and Television Studies – and only the country’s second – which he went on to run for nearly two decades. Since 2000 he has been active in US Film, Media and Cultural Studies in London, teaching as an Adjunct for NYUL, the USC Annenberg School, the University of California, and the University of North Carolina and acting as the local Academic Advisor, on behalf of ACCENT International, on the creation of the University of California London Programme. He is also the Director of Academic Conferences London Ltd, a new micro-company which has been responsible since 2011 for pioneering annual international conferences on London, Britain, and global Film and Media under the overall rubric THE LONDON SYMPOSIUM

Titre de la conférence (éventuellement titre en langue étrangère si la conférence n’est pas en français) : The Cinematic North of England: Post-Industrial Identities in The Full Monty and Brassed Off

Mots clés : cinéma, ville, industrie, Angleterre, post-industriel

Résumé du colloque :

Au tournant du XXe siècle, dans l’ébullition du monde industriel, naît le cinéma, un art de masse et bourgeois par excellence. Si la ville au cinéma a déjà fait l’objet de nombreuses études dans divers champs disciplinaires concernés, le sous-thème de la ville industrielle à l’écran semble moins défriché. Et pourtant, depuis les origines, le cinéma a filmé la ville en tant que lieu de la machine, de la technologie et du travail comme avec La Sortie des usines Lumière, Louis Lumière, 1895 ; Metropolis, Fritz Lang, 1927 ; Les Temps modernes/Modern Times, Charlie Chaplin, 1936 pour ne citer que ces quelques balises. Il n’est donc guère étonnant que la ville industrielle soit largement représentée à l’écran.

En effet, quels que soient la période considérée, la culture et le genre envisagé (documentaire et fiction : cinéma social, western, science-fiction, uchronies steampunk, etc.), le cinéma porte toujours sur ces territoires un regard qui mêle dimensions esthétique, spatiale, sociale et politique.

Résumé de la conférence :

Images de la ville postindustrielle anglophone – Présidence de Rémi Digonnet (UJM Saint-Etienne)

 If London was the key hub of the British Empire as it waxed and waned between 1600 and the mid-20th Century, its engine room was the North of England, the birthplace of the global Industrial Revolution, with the discovery of steam-power, the rise of the factory and railway systems, and the growth of the powerful twin industries of coal and steel. The collieries of Yorkshire, with the steel city of Sheffield at their heart, were fundamental to these developments, and it is here that the recent effects of de-industrialisation were most sharply felt as these industries were eventually destroyed by the forces of political change and globalisation.

This Paper considers British Cinema’s wider representations of Yorkshire – with its characteristic tensions between industrial urbanism and the beauties of rural nature – and of ‘the North’ in general in its various socio-political differences from the all-powerful ‘South’. Analysis is focussed on two richly symptomatic feature films of the later 1990s, poignant social comedies which chronicle the impact of these changes, and the new personal, social and spatial identities to which they gave rise.

In Mark Herman’s Brassed Off (1996), Yorkshire miners in the imaginary village of ‘Grimley’ struggle to at least maintain their roles as brass band musicians when the local pit closes; in the case of Peter Cattaneo’s The Full Monty (1997), redundant steelworkers in Sheffield opt for a rather different and new relationship to music when, for one night only, they decide to become the most revealing of striptease artistes.

Comparing and contrasting the two films, the Paper explores the changing images of masculinity and femininity occasioned by the new relationships with labour, unemployment, city, and landscape, as well as the deployment of cultural paradigms from the world of popular culture which, harnessing the transformative power of the musical genre, mark the films as fantasies of personal survival in an inimical and alienated environment.

The presentation will be richly illustrated with frame-slides, and copies of the Paper will be freely distributed.

Durée de l’introduction : 1min30s

Durée de la conférence : 32 min

Durée des questions : 17min (de 1h05min50s à 1h22min05s)

Langue : Anglais

L’URL : https://media.st-etienne.archi.fr/la-ville-industrielle-a-lecran/

Format du fichier : MP4, H264

Date 8/11/2018

Nom et Prénom du conférencier : Leland Tracy

Profession du conférencier : Université Jean Monnet (Saint-Etienne)

Leland Tracy teaches at the Université Jean Monnet in Saint Etienne, France. He is a member of the research group CIEREC. His research concentrates on the interface between American popular culture in the 20th century and historical, social and political context in which this culture has developed.

Titre de la conférence (éventuellement titre en langue étrangère si la conférence n’est pas en français) : Pets or Meat? – Contrasting Portrayals of Flint, Michigan in Michael Moore’s Roger & Me

Mots clés : cinéma, ville, industrie, Michael Moore, Roger and me

Résumé du colloque :

Au tournant du XXe siècle, dans l’ébullition du monde industriel, naît le cinéma, un art de masse et bourgeois par excellence. Si la ville au cinéma a déjà fait l’objet de nombreuses études dans divers champs disciplinaires concernés, le sous-thème de la ville industrielle à l’écran semble moins défriché. Et pourtant, depuis les origines, le cinéma a filmé la ville en tant que lieu de la machine, de la technologie et du travail comme avec La Sortie des usines Lumière, Louis Lumière, 1895 ; Metropolis, Fritz Lang, 1927 ; Les Temps modernes/Modern Times, Charlie Chaplin, 1936 pour ne citer que ces quelques balises. Il n’est donc guère étonnant que la ville industrielle soit largement représentée à l’écran.

En effet, quels que soient la période considérée, la culture et le genre envisagé (documentaire et fiction : cinéma social, western, science-fiction, uchronies steampunk, etc.), le cinéma porte toujours sur ces territoires un regard qui mêle dimensions esthétique, spatiale, sociale et politique.

Résumé de la conférence :

Images de la ville postindustrielle anglophone – Présidence de Rémi Digonnet (UJM Saint-Etienne)

Flint, Michigan has a remarkable place in the history of American automobile manufacturing. It was the birthplace of General Motors, once the world’s largest automobile manufacturer, and the setting for the 1937 Flint sit-down strike, which led to the United Automobile Workers unionization of the industry. Flint is also the hometown of Michael Moore, one of America’s most controversial documentary filmmakers.

In the early 1980’s, General Motors CEO Roger Smith began a series of layoffs, which led to more than 30,000 Flint workers losing their jobs. General Motors was by far the largest employer in Flint, and these layoffs had a catastrophic effect on the social and economic fabric of the community. Michael Moore’s 1989 film Roger and Me depicts these effects in both a disturbing and humoristic way.

While Moore’s film was financially successful, and well received by most critics, it raises a fundamental question about the nature of documentary filmmaking: Is there a clear distinction to be made between documentaries, and other genres such as satire or political propaganda? And if so, what criteria might be used to make this distinction? Can Moore’s use of dramatic editing techniques to create a harsh and humorous juxtaposition between the wealth of the Flint’s elites, and the despair of the laid off workers and the rest of the community really be considered documentary?

We will attempt to answer these questions by examining Moore’s film and the responses it has elicited – Harlan Jacobson, for example, has criticized Moore for taking liberties with the chronology of events in the film – and by a consideration of the interdependence between American popular culture and politics in an increasingly polarized american society.

Durée de l’introduction : 30 secondes (de 34min03s à 34min40s)

Durée de la conférence : 30 minutes (de 34min40s à 1h05min50s)

Durée des questions : 17min (de 1h05min50s à 1h22min05s)

Langue : Anglais

L’URL : https://media.st-etienne.archi.fr/la-ville-industrielle-a-lecran/

Format du fichier : MP4, H264

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