Vive la résistance !!! (Snozzi Luigi)

« … la finalité de l’enseignement de l’architecture n’est pas seulement de former des architectes professionnellement capables et brillants, mais plutôt des intellectuels critiques doués d’une conscience morale. » disait Luigi Snozzi lors de sa leçon inaugurale à l’EPFL en 1987.

Apprendre à bâtir est une chose, embrasser de manière responsable une discipline complexe et autonome en est une autre. Où commence, où finit l’architecture ? L’enseignement est-il un dogme ou un dialogue ? Que dire à un étudiant qui rencontre l’architecture pour la première fois ?

Luigi Snozzi est l’un des architectes contemporains qui s’est le plus investi dans ces questions de pédagogie. Il a axé son enseignement sur le projet en gardant une connexion directe avec sa propre pratique.

« L’architecture est un vide, à toi de le définir ».

L’architecte a besoin d’éthique. Plus qu’un animateur, c’est un militant du territoire qui lutte contre la médiocrité et la banalité que sécrète notre société.

L’éloge de la résistance

Pour l’aîné de l’école tessinoise, adepte du béton et de la ligne austère, l’architecture s’inscrit par nature « contre » la société et la politique. « L’architecture est permanente, elle n’est pas éphémère » tandis que le politique s’inscrit dans le temps court, explique Luigi Snozzi.

Par ailleurs, « l’architecture est antiefficiente alors que la société exige le maximum d’efficience. L’architecture ralentit le pas de l’homme pour lui faire découvrir tout un tas de choses qu’il ne verrait pas ». Par sa nature, l’architecture est donc en contradiction avec la société. Et pour faire leur métier, les architectes doivent être en résistance.

Luigi Snozzi, né en 1932 à Mendrisio (Tessin), étudie à l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich. Diplômé en 1957, il ouvre son agence à Locarno un après. À ses débuts, il collabore de manière étroite avec Mario Botta, Livio Vacchini et Bruno Jenny, et participe notamment dans le cadre de cette association à plusieurs concours nationaux et internationaux.

Il rejoint ainsi les architectes du Tessin qui défendent une ” architecture du territoire “, cherchant à contrer la spéculation immobilière. Les traits intemporels de l’architecture de Frank Lloyd Wright et de Ludwig Mies van der Rohe s’imposent dans ses premières œuvres.

Snozzi reste l’auteur d’une quinzaine d’édifices publics et privés à Monte Carasso, une commune rurale proche de Bellinzona, et d’une vingtaine de projets urbains pour des villes suisses, italiennes, allemandes, autrichiennes, néerlandaises et françaises.

Professeur réputé, Luigi Snozzi enseigne successivement à l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich, à l’Ecole d’architecture de l’université de Genève et à l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne. Il obtient le prix Prince of Wales de l’université Harvard en 1993.

Intro

Conférence

Questions

Durée : 1h 9mn
Conférenciers : SNOZZI Luigi
Editeurs : ENSASE – Service informatique/multimédia
Lieu : ENSASE, salle François Tomas, Saint-Etienne
Date : 8 février 2011
Droits : ENSASE 2011
Contact : webmaster@st-etienne.archi.fr
Genres : pédagogie
Langues : Français

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